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Nous y sommes donc allés, ce mois de février
2000, en C25 et 24 heures, par les autoroutes françaises
et espagnoles, et avons traversé en à peine plus
d'une 1/2 heure le bras de Méditerranée qui nous
sépare de l'Afrique. Le ralentissement à la douane
n'a été du qu'au manque d'indication des
formalités à effectuer
(réduites). Récit.
Carte Michelin sur le tableau
de bord, guides divers et variés
dans le cartable, nous roulons vers Larache puis Ksar El Kébir
pour passer le reste de la nuit chez un pompier auto stoppeur.
Petit dej familial et discussion sur le
Coran.
Laissant Volubilis et Moulay Idriss, nous découvrons
Ito, puis Azrou. Après une déviation par le bled,
nous arrivons à Mrirt, avant de nous égarer dans
les hauteurs, d'où, entre autres plaisirs, la vision
fugitive d'un singe traversant la route.
Après Beni-Mellal, nous nous enfonçons à
nouveau dans les montagnes par Afourer. Nous finissons par hasard
à l'hôtel Daressalam aux chutes d'Ouzoud. Il n'a
d'hôtel que le nom, mais les tagines sont savoureux et
pas chers, le patron très sympa. Le groupe de "Nouvelles
Frontières" a un plus joli fourgon que le nôtre,
mais ils sont plus serrés. Premier marchandage avec un
velcro tout heureux avec mon tee shirt Trekking décoloré,
les tennis à sa taille, la pièce de 10 francs.
En échange, j'ai deux ammonites coupées en deux,
et l'adresse d'un cousin à lui qui tient une auberge
!
Par le chemin des vacanciers, nous poursuivons vers Marrakech
évité pour cause de visite à Aït-Ourir.
Changement de pneus en prévision des mauvais chemins,
justement de ceux qui mènent vers Aguergour, ou nous
volons. Bravo à Bob qui a utilisé le thermique
mieux que Thierry, Alain, et moi. Soirée faussement berbère
sous de grandes tentes de la même couleur près
du lac pour un gros groupe de touristes en voyage très
organisé, et pour nous qui étions arrivés
par hasard.
L'exploration de cette zone étant laissée à
un prochain voyage, nous continuons vers Amizmiz puis Ouirgane
ce qui n'est sans doute pas d'après la carte le plus
court chemin pour aller vers le Tizi-n-Test, mais l'est assurément,
le macadam étant tout neuf sur la moitié du parcours.
A Ouirgane, aux pièges touristiques, nous préférons
"Les Bohémiens", à la sortie du village. Re-tagine,
musiques locales, et nuit dans les bois.
Grimpette vers le col, vue sur la plaine de Sous, discussion
avec un vendeur de souvenirs qui nous explique, qu'après
l'achat, les frais, la participation de l'hôtelier qui
l'autorise à étaler ses breloques, que finalement,
il n'a presque rien gagné. On aurait pu voler, mais l'atterro
est loin. Nous ne remontons pas après l'avoir vu. Des
dirhams pleins les poches, nous filons vers Tafraoute. Une tentative
de raccourci nous a fait prendre une piste. Suivant des camions,
délaissant des panneaux indicateurs que nous confondons
avec un village (il y a également la poste et une maison
!), avec la boussole, nous sommes sûrs de la direction,
mais bivouaquons sur les contreforts nord de l'Anti Atlas car
à 10 km/h, il n'est pas prudent de continuer.
Au matin, le camionneur est formel, nous ne passerons pas :
demi tour. Alain est rassuré. Le paysage est superbe,
les bergères tournent la tête, les chèvres
montent aux arbres, la plaine de Sous est sous les nuages, et
au loin, on devine le Haut Atlas. La tête d'Alain tourne
à la vue des bergères, il en grimperait aux arbres,
s'il n'était sur son nuage.
Retour au carrefour: Titsi, visé initialement la veille,
a été manqué de 13 km seulement soit 45°
d'erreur ! Enfin, d'oueds transformés en chemins et de
villages labyrinthes, nous tombons sur une route assez large:
pointe à 90 km/h, coup de frein, demi tour, car elle
s'arrête ! La vraie route, dans l'autre sens, nous
mène à Aït Baha, et en fin d'après
midi, on trouve Tafraoute et son hôtel.
Les renseignements fournis nous permettent de trouver les sites
du soir, aux rochers bleus. Celui du matin,
à la tête de lion, ne sera qu'approché.
Nous avons interrompu la grimpette pour un vol en fin de journée.
Celui du col, en ouest, est prometteur. Mais nous poursuivons
notre périple. Au col de Kerdous, arrêt pour la
vue. Le site vaut pour la navette. Aux alentours, de nombreuses
crêtes sont à découvrir. L'arrivée
à Aglou est un cauchemar. Une concentration de retraités
français entassés dans l'unique restaurant du
coin et les gros campings cars garés dans la cour nous
font fuir les lieux. Nous préférons pique-niquer
sur les hauteurs.
La route en travaux est un bon entraînement pour la piste:
ne pas ralentir pour vérifier si le sable est mou. La
falaise est belle, mais nous reviendrons un jour sans brouillard.
La grimpette à Legzira est facile, le vent est faible.
Vidange, coup d'oeil et de clé de 19 sur l'amortisseur
qui fait du bruit. Thierry n'a pas pris son guide sur les oiseaux,
et moi non plus ! Alors,
c'est quoi ce piaf
?
Après un vol à Ifni, cap vers l'est. Nous descendons
vers Guelmine, sous le 29°, et encore dans le 10° ouest.
Route vers et dans le désert, premier contrôle de
police. Ils ne veulent pas d'une photo de l'endroit, mais ne
s'opposent pas à l'utilisation d'un GPS. Faudra leur
expliquer où est le danger ! Arrêt peu après
dans le premier oued pour notre soirée cuisine: tandis
qu'Alain monte les tentes, Bob et Thierry préparent le
tagine. Je prends les photos et sers l'apéro puisqu'il
en reste encore. Pleine lune, c'est magique.
Au matin, Thierry prend de l'avance, partant en courant le
long de la route. Du carrefour de Fam el Hisn à Tata,
jusqu'à Foum-Zguid, il n'y a rien, sauf un gros lézard,
des chalumeaux qui paissent et ruminent, des oueds à
sec, des montagnes et des collines. Nous aurions bien pris la
piste vers Tagaouine, mais notre expérience dans la plaine
de Sous nous fait préférer le macadam, qui précéde
40 km de pistes, avant d'arriver à Agdz (à ne
pas confondre avec Ivtz ou Su-Voilesz, ou encore Onvaz !). Nuit
calme, les chiens aboient, aucune caravane ne passe.
Sauf qu'au matin, bruit : c'est la marché. quelques stylos
après le dej, nous allons faire nos emplettes. On est
attendu. Un homme bleu a repéré notre bivouac.
Premiers marchandages, on va chez le suivant, je finis par son
étal. Il voudrait mon sac, mais je ne lui laisse qu'un
sweat, un tee-shirt, en plus du jeu de 32 cartes dont il ne
fera rien et une paire de lunettes dont je lui fais cadeau.
J'ai gardé mes Vuarnet neuves et mes Sérengenti.
Au final, j'ai un âne en pierre, des breloques, et un
peu moins d'argent. A Zagora, j'ai la bonne idée de m'arrêter
devant une boutique d'où plusieurs invitations à
entrer. Avec un bout de suspente, je gagne un collier. Finalement,
deux vendeurs sont dans la même et je débourse
pour d'autres bijoux, et je laisse un pull. Alain change de
boutique, ne veut pas du tapis, avec lequel il ressort ... Fuyons
vers le désert. Damned, un piège à touristes,
donc 1/2 tour et tagine avec nos Bob et Thierry au four, Alain
au moulin, et moi à la photo. Un velcro arrive de nulle
part reste planté devant nous. De jolies pistes s'en
vont vers l'est, nos rêves les suivent.
Suivant l'oued qui sans Drâa gratterait un peu, nous
remontons la vallée, délaissons Ouarzazate, et
après des achats à Skoura, refaisons un tagine.
Visite en C25 de la vallée du Dadès, à
pied de l'entrée des gorges du Todra, et tagine
à Tinerhir, chez Habib, au café des Amis.
Après un plein de gazole à Erfoud, feu vers les
dunes. Nous les voyons, mais ne savons quelle piste prendre.
Après une
drolumadairée,
nous tentons d'aller vers la grande dune, la difficulté
majeure étant de ne pas écraser le VTT'iste qui
nous suit. Plus loin, les velcros sont équipés
de mobylettes ce qui est plus efficace dans la recherche du
touriste égaré, ce que nous sommes sans doute.
Je brahme plus fort que le drolumadaire en rut, ce qui les effraie,
surtout celui qui n'a pas eu le temps de fermer sa valise à
cailloux. Proverbe berbère : quand un touriste de 95
kilos parle à un velcro de 40 kilos, le velcro pédale.
Enfin seuls. Ce soir, ciné ! Nous nous contentons d'une
salade, mais pourtant, nous ratons le journal de 20 heures.
Le film commence à peine. Le scénario est connu,
mais les images sont belles. Le lever de la Rousse à
Merzouga restera un classique. On est au premier rang, il n'y
a presque personne dans la salle. Dommage que le village derrière
nous soit éclairé.
Alain insiste, Thierry finit par y aller, en route vers les
sommets. Le sable est fin, peu de prises, l'ascension se termine
enfin. Et hop, en 20 secondes, ils sont en bas. Les chalumeaux
n'en reviennent pas. Allez, on rentre, cap au nord. On a le
choix, mais un instant je fais le mauvais, le C25 s'immobilise
dans le sable. Le service dépannage arrive aussitôt,
à vélo. Mais nous avons une pelle, du carton,
le C25 avance de 50 cm. Recommençons. Et hop, un fourgon.
Un bout solide, deux mousquetons, et le dernier mètre
est franchi. Cela ravit les touristes polonais du fourgon. Nous
arrivons presque au but, mais au lieu de prendre le macadam,
nous roulons en parallèle sur une piste jusqu'à
Erfoud. Fin de l'Aventure sableuse, la gazelle nous attend.
Nous la remontons, plongeons dans ses gorges peu profondes,
et, à la nuit, trouvons un petit rest'o qui nous sert
des frites froides !!! C'est une région agricole, chaque
chemin mène à une habitation, nous tardons à
trouver un endroit sympa pour dormir.
Nous nous réveillons en fait tout près de Kénifra
dont le El-Borj devra être visité. Le vent est
sud à Mrirt, mais je décide d'attendre. Des cumulus
se montrent, le vent passe ouest, parfois rafaleux. Décollage
facile, le dynamique est bon, le sac plastique montre l'ascendance.
Il grimpe à 6 m/s, mais ne le sait pas ! A 3 000 m, j'attends
Alain et Thierry, Bob se pose. Étrange. Un petit tour par la
plaine, un oeil sur le paysage, je reviens un peu bas, suis
sûr de reprendre, et me pose près de Bob. Thierry
fait au contraire les oreilles pour descendre. Alain ne veut
pas suivre la rue et se pose aussi. Allez, navette à
pied. Elle est écourtée par un gendarme royal
à feuille blanche sur laquelle il prend nos coordonnées.
La maman de Thierry devient Mado Ben Huno : on en rigole encore.
Il est gentil, poussant le zèle jusqu'à dire à
nos admirateurs de nous laisser en paix. Nous finissons au déco
d'Azrou pour un tagine maison.
Première journée de glandouille. Un coup de balai,
on lit les guides, on regarde le paysage, on invite les bergers
à boire le thé (et à manger du chocolat)
et je mets ma combine. Plouf retardé par un thermique
malingre, mon premier admirateur arrive en même temps
que moi, et court devant Thierry qui se pose. Sa mère
ou sa soeur rit à gorge déployée (non Alain,
ne rêve pas). Bientôt, ils sont quinze, et ne doivent
pas plier leur premier parapente. Sur le chemin qui mène
à la grand route, ils se font remonter les bretelles
qu'ils n'ont pas par un marocain de l'Aveyron et une matrone
qui fait sa lessive: on a la paix. Alain, qui leur dit en français
académique voire littéraire qu'il ne les comprend
pas a pris du retard. Courses à Azrou, et grillades au
sommet.
A Ito, nous mettons des pneus neufs. Ca vibre moins. Premiers
thermiques, posé au sommet une fois, deux fois, et en
bas, une fois, deux fois. Le vent passe arrière, allons
à Volubilis. Nous traversons Moulay Idriss, visons le
col du Zégota, et finissons à Ksar-el-Kébir
dans les chênes verts.
Aller, route retour, que l'on fait par Tanger et le cap de
Malabata, Septa, Algégiras, Ronda, pour finir dans un
rest'o chic avant Cordoue: cervoises, viande parfaite, vin de
1989 !
De Jaen à Rennes, la route est à deux, quatre
ou six voies, avec parfois des virages. Faut juste mettre du
gazole, qui, il faut le dire, a augmenté de plus de 50%
en deux ans.
Bilan : 9 180 kilomètres en 24 jours, 1 000 litres de
gazole de 5 francs à plus de 5,5 dirhams le litre, et
parfois 110 pésétas, deux pneus à sacrifier
qui ne l'ont pas vu ainsi, un peu de poussière sous les
sièges.
Des repas de 20 à 70 dirhams, et avec les danseuses,
ça monte à 330 dirhams !!! Le prix des fruits
et des légumes est insignifiant. Le pain est bon, l'eau
en bouteille absolument.
Des journées en shorts et lunettes de soleil, des soirées
en t-shirt tout en bas, avec une doudoune au nord.
Chalumeau : espèce de drolumadaire à une bosse.
Le terme de chalumeauchée peut être avantageusement
remplacée par drolumadairée.
Les formalités : La désorganisation apparente
profite à quelques guides improvisés qui vous
soutirent quelques dirhams en faisant monter la tension.
Payez
un peu la première fois, et ensuite vous saurez.
Remplir un imprimé par personne. Il est joint au passeport
qui est tamponné. Présenter les papiers de son
véhicule et remplir l'imprimé d'importation temporaire.
On vous colle un joli papillon sur le pare brise. Passez le
dernier barrage, et roulez en paix. Quoi la fouille ? De quoi
?
Les pourboires : Quand vous versez 5 dirhams pour un (vrai)
service, c'est 3 francs, ou 5 pains. Alors, 20 dirhams, c'est
royal, et plus, c'est trop. On s'est fait avoir au début.
Les cartes et les guides : Pour la route, la Michelin 959 au
1/1 000 000e, ou l'IGN aux reliefs mieux dessinés. Nous
avions la 1/100 000e d'AMEZMIZ et la 1/1 000 000e de MARRAKECH.
Les guides Michelin, du Routard, Gallimard, lonely planet
se complètent ou se contredisent. Enfin, ou d'abord,
pour les sites, et donc l'itinéraire général,
nous avions les infos de Parapente Mag n° 44, celles de
Aérial, d'un site internet. DHV mag est un peu maigre
et semble n'être qu'un essai de prendre le train en marche.
Remplacer le mot thermo-dynamique par dynamico-thermique ou
thermico-dynamique pour plus de justesse dans le propos.
La religion : Les intégristes ne sont pas au pouvoir.
La démocratisation amorcée par Mohamed VI leur
ouvre une porte, d'autant que la volonté de certains
d'améliorer la condition de la femme (mariage à
15 ans, polygamie) est en opposition avec leur tradition CAD
le privilège des hommes de boire du thé à
la menthe ou de papoter à l'ombre tandis qu'elles se
déguisent en buissons à deux pattes ...
Le velcro : Il est parfois attachant, le plus souvent collant.
Au début, il cherche le contact, par n'importe quel moyen.
Discussion sur l'air du temps, la France, bien connue. Interpellation
"bonjour les ---" au vu de la plaque minéralogique, proposition
de venir voir l'étal, le magasin, l'atelier. Du désert,
un gamin à VTT peut surgir, vous proposant ses cailloux
(Erfout) ou ses services, de l'aide au désensablement
à la conduite vers le camping que l'on ne cherche pas.
Proposition de troc d'un objet vous appartenant. Le but est
à chaque fois le même, vendre, faire acheter. Refusez
net et fermement, ou jouez le jeu. Les velcros sont désagréables
dans les endroits et villes touristiques. La palme revient à
Merzuga et aux gorges du Todra, à Zagora. Un plus à
Skoura où les bibelots ne sont pas chers, au village
des potiers (le plat à tagine 20 dirhams, on ne marchande
pas !) entre Tafraoute et le col de Kerdous pourtant situés
sur des axes fréquentés par les gogos, euh, les
touristes. La faute à ceux qui trop facilement sortent
le porte monnaie pour distribuer des dirhams, ensuite, les
enfants réclament, veulent votre T-shirt, votre casquette,
tout ... Nous n'avions que des stylos ( 2 à 300 !) à
distribuer. Prévoir donc de quoi "échanger". Il
s'agit d'objets que vous pourriez tout aussi bien donner, ne
lui accordez pas de valeur réelle, le but du velcro n'est
pas d'avoir cet objet, que vous lui laisserez, mais de récupérer
sa mise et vos sous. La contre attaque les déstabilise
parfois. Exagérez, demandez lui son pantalon, faites
une proposition de prix ridicule ...
Les rochers bleus : De quel droit un belge répand-il autant
de peinture dans un pays qui n'est pas le sien ! Ah oui, j'allais
oublier. Parfois, on sait que l'on est sur un site aux traces
laissées par nos prédécesseurs ...
Les oiseaux : Les cochevis huppés, les cigognes, c'est
facile. Nos culs blancs, ce sont peut-être des traquets
deuil, plus sûrement des traquets à tête
blanche et/ou rieurs. Nous n'avons pas remarqué de traquets
du désert. Les hérons sont des garde-boeufs (qu'ils
ne piquent pas) et/ou des aigrettes garzettes en plumage d'hiver,
CAD sans huppe. C'était quel aigle ? L'oiseau inconnu
n'était-il pas un bulbul des jardins ?
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